Le Chamarel — Restaurant
Chamarel

Un restaurant niché dans les hauteurs de Chamarel, offrant une cuisine mauricienne revisitée avec vue sur les terres colorées et la forêt tropicale.
Par La rédaction
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Perchée à 300 mètres d’altitude, la table du Chamarel domine un paysage qui semble tout droit sorti d’un rêve géologique. Les collines environnantes, striées de rouge, d’ocre et de violet, sont les fameuses Terres de Sept Couleurs, un phénomène naturel unique au monde où l’érosion a sculpté des dunes minérales aux teintes changeantes selon la lumière du jour. Le restaurant s’inscrit dans ce décor comme une halte évidente, presque nécessaire, pour qui explore le sud-ouest sauvage de l’île Maurice — loin des plages surpeuplées et des resorts tout compris.
Le bâtiment lui-même est une maison créole traditionnelle, aux murs de pierre volcanique et aux toits de tôle ondulée, agrandie d’une terrasse en bois qui épouse la pente. De là, la vue plonge sur la forêt primaire de la vallée, où les filaos et les vacoas se balancent sous les alizés. L’air est plus frais qu’en bord de mer, chargé d’une humidité douce qui enveloppe les visiteurs dès leur arrivée. On y accède par une route sinueuse, bordée de champs de canne à sucre et de bananiers, où les panneaux indiquant « Chamarel » se font de plus en plus fréquents à mesure que l’on s’éloigne de la côte.
Le lieu doit son nom au village voisin, un hameau paisible où le temps semble s’être arrêté. Fondé au XVIIIe siècle par des colons français, Chamarel est aujourd’hui connu pour ses paysages, mais aussi pour son histoire agricole : c’est ici que l’on cultive une partie du café mauricien, un arabica rare et réputé, ainsi que des épices comme la vanille et le curcuma. Le restaurant puise dans cette tradition terrienne pour proposer une cuisine qui marie les produits locaux — poisson frais des lagons, légumes des jardins environnants, fruits exotiques — avec des techniques modernes. Le cadre, lui, reste résolument ancré dans le passé : les tables en bois massif, les nappes en lin écru et les bougies posées sur des soucoupes en terre cuite rappellent les repas familiaux d’autrefois, quand les convives prenaient leur temps sous la varangue.
En contrebas, la cascade de Chamarel, haute de 100 mètres, gronde en permanence. Son bruit sourd se mêle au chant des oiseaux et au bruissement des feuilles, créant une bande-son naturelle qui accompagne chaque bouchée. Le soir, quand le soleil descend derrière les montagnes, la lumière rasante embrase les terres colorées, transformant le paysage en une toile vivante. C’est à ce moment-là, entre chien et loup, que le restaurant prend toute sa dimension : moins un simple lieu où manger qu’une expérience sensorielle, où le goût, la vue et l’ouïe se répondent.
Chamarel n’est pas un village touristique au sens classique du terme. On n’y trouve ni boutiques de souvenirs ni animations organisées, mais plutôt une atmosphère de bout du monde, où les visiteurs viennent pour se perdre dans les sentiers de randonnée ou admirer les curiosités géologiques. Le restaurant s’inscrit dans cette logique : il ne cherche pas à impressionner par son faste, mais par son authenticité. Ici, pas de carte interminable ni de plats sophistiqués à outrance, mais une cuisine qui célèbre les saveurs de l’île, dans un cadre qui en épouse les contours.


