
Cala Gonone, le port d'où partent les calanques
Tout le Golfe d'Orosei se rejoint depuis ici : Cala Luna, Cala Mariolu, Cala Biriola, Cala Goloritzé. Cala Gonone est le point de départ — on prend un bateau le matin, on revient le soir, on a vu les plus belles criques de Méditerranée.
⚓ Cala Gonone — Le port d'où partent les calanques
Récit de voyage à Cala Gonone et dans le golfe d'Orosei, province de Nuoro, Sardaigne orientale
Il y a des endroits qui n'existent que comme points de départ. Des lieux dont la valeur propre est réelle, mais qui tirent leur sens véritable de ce qu'ils permettent d'atteindre — de ce qui se cache derrière eux, au-delà d'eux, accessible seulement à ceux qui acceptent de les traverser. Cala Gonone est de ceux-là. Un port, une plage, quelques hôtels, un quai. Et derrière — l'un des littoraux les plus sauvages et les plus beaux du monde.
Prologue — La route qui tombe dans la mer
La route qui mène à Cala Gonone depuis Dorgali est, en elle-même, une expérience. Douze kilomètres taillés à la dynamite dans la falaise calcaire du Supramonte, avec des virages si serrés que les autocars de touristes s'y frottent les flancs, des à-pics vertigineux sur la gauche où la végétation de maquis s'accroche à la roche avec une obstination végétale, et des tunnels courts et sombres qui débouchent sur des vues soudaines de mer bleue à trois cents mètres en contrebas — comme si la montagne, d'un coup, ouvrait une fenêtre et montrait ce qu'elle gardait.
Ce matin-là, je descendis cette route au soleil levant. La lumière arrivait de la mer, rasante, orange et violette à la fois, et éclairait les falaises calcaires avec cette intensité de contre-jour qui transforme chaque paroi de pierre en une chose presque transparente, comme si la roche contenait sa propre luminosité. En bas, dans l'anse protégée par deux bras de falaise, Cala Gonone dormait encore — les bateaux attachés le long du quai, la plage vide, les premiers pêcheurs au-dessus de leurs filets dans le silence du matin.
Je garai la voiture sur le front de mer. Je sortis. L'air sentait le sel, le fioul de bateau et le myrte chauffé par les premières heures du jour. Une mouette cria quelque part. Un moteur de chalutier toussa dans le port.
Et le golfe d'Orosei, derrière les premières crêtes calcaires qui fermaient l'horizon à l'est, attendait.
Partie I — Cala Gonone dans l'histoire : la naissance d'un port au pied du Supramonte
1.1 — Avant le port : l'isolement comme condition première
Pour comprendre Cala Gonone, il faut d'abord comprendre ce que c'était avant d'être ce qu'il est — c'est-à-dire presque rien. Pendant des siècles, cette anse au pied du Supramonte ne fut qu'un abri provisoire pour pêcheurs et un point de débarquement pour les rares marchandises qui alimentaient Dorgali depuis la mer. Pas de village, pas de route, pas d'installation permanente. La montagne tombait dans la mer sans transition, et la mer n'était accessible depuis les villages de l'intérieur que par des sentiers de chèvres que seuls les bergers et les contrebandiers connaissaient vraiment.
Cette inaccessibilité n'était pas un défaut de la géographie — c'était une condition de l'histoire. Le Supramonte, avec ses falaises de calcaire blanc qui plongent directement dans la Tyrrhénienne sur des dizaines de kilomètres, est l'une des côtes physiquement les moins accessibles de la Méditerranée. Pas de plaines côtières, pas de deltas fluviaux, pas de routes naturelles depuis l'intérieur. Juste la montagne et la mer, en contact immédiat, sans zone de transition.
Cette géographie extrême eut une conséquence remarquable : le littoral du golfe d'Orosei n'a jamais été colonisé de manière permanente. Les Phéniciens y mouillèrent peut-être pour faire de l'eau douce. Les Romains y débarquèrent peut-être des troupes. Mais aucune ville, aucun port, aucun établissement durable ne s'y développa — faute de routes pour relier la côte à l'intérieur, faute de terres agricoles sur les terrasses calcaires, faute de toute logique économique dans un lieu que la géologie avait rendu beau et inaccessible à parts égales.
📜 Le rappel historique — Le Supramonte (du latin supra montem, "au-dessus de la montagne") est un massif calcaire de haute altitude qui s'étend entre les communes de Dorgali, Orgosolo, Oliena et Urzulei, sur une superficie d'environ 900 km². Son altitude maximale dépasse 1 000 mètres en plusieurs points. Les caractéristiques géologiques du Supramonte — un calcaire jurassique très compact, parcouru de failles, de gouffres et de systèmes souterrains complexes — en font l'un des massifs karstiques les plus importants d'Europe méridionale. Ses forêts de chênes verts (Quercus ilex), de genévriers rouges (Juniperus phoenicea) et d'ifs (Taxus baccata) sont parmi les plus étendues et les mieux conservées de toute la Méditerranée.
1.2 — La naissance du village : quand la route changea tout
Cala Gonone commença à exister comme village habitable en 1962 — l'année où la route fut ouverte depuis Dorgali. Avant cette date, l'anse n'était accessible que par mer ou à pied par les sentiers du Supramonte. La construction de la route — un exploit d'ingénierie dans ce terrain de calcaire vertical — fut le geste fondateur qui transforma un abri de pêcheurs en un lieu habité à l'année, puis progressivement en une station balnéaire.
Ce délai extraordinaire explique beaucoup de choses sur Cala Gonone. Un village qui n'a soixante ans d'existence permanente ne porte pas le poids des siècles — pas de patrimoine médiéval, pas d'architecture baroque, pas de couches historiques superposées. C'est un endroit sans passé monumental, ce qui lui confère une légèreté et une modestie architecturale que les stations balnéaires plus anciennes ont souvent perdues.
L'hôtel historique du village — l'Hôtel Cala Gonone, ouvert dans les années 1960 — fut l'une des premières structures d'accueil permanentes. Ses premiers clients étaient des géologues, des spéléologues et des biologistes marins attirés par l'extraordinaire richesse naturelle de la région. Les touristes ordinaires vinrent ensuite, attirés par des reportages dans des magazines d'aventure et de plein air qui commençaient à "découvrir" la Sardaigne sauvage dans les années 1970 et 1980.
📜 Le rappel historique — Le tourisme en Sardaigne est un phénomène relativement récent dans son organisation à grande échelle. La Costa Smeralda, au nord de l'île, fut le premier projet touristique de masse, lancé en 1962 par l'Aga Khan IV (Karim Al-Hussaini) qui acheta et développa une quarantaine de kilomètres de côte pour en faire une destination de luxe internationale. Ce projet, s'il contribua à mettre la Sardaigne sur la carte touristique mondiale, choisit délibérément de construire ex nihilo plutôt que de s'appuyer sur le patrimoine existant — créant un "pays sarde" de fiction, esthétiquement travaillé mais culturellement vide. L'Ogliastra et le golfe d'Orosei représentent une forme radicalement différente de tourisme sarde — fondé non sur le luxe importé mais sur la beauté naturelle brute et sur l'authenticité d'une culture locale vivante.
1.3 — Aujourd'hui : le port comme hub d'un littoral inaccessible
Aujourd'hui, Cala Gonone est un village d'environ 1 000 habitants permanents qui multiplie sa population par dix ou quinze en juillet-août. Sa raison d'être est entièrement liée à sa position géographique : c'est le seul port en eau profonde du golfe d'Orosei sur les quarante kilomètres qui séparent Orosei au nord de Santa Maria Navarrese au sud. Toutes les calas, toutes les grottes, tous les sites de plongée et de randonnée de cette côte sauvage s'atteignent depuis Cala Gonone — ou ne s'atteignent pas.
C'est cette situation de monopole géographique qui structure toute la vie du village : les loueurs de bateaux, les guides de randonnée, les clubs de plongée, les loueurs de kayaks, les vendeurs de sandwichs et de crème solaire — tout gravitait autour de ce fait simple que sans le port de Cala Gonone, les plus belles côtes de Sardaigne resteraient inaccessibles au commun des mortels.
Partie II — Le golfe d'Orosei : anatomie d'un miracle géographique
2.1 — La géographie du golfe : quarante kilomètres de splendeur verticale
Le golfe d'Orosei est une entaille dans le flanc oriental de la Sardaigne — un demi-cercle de mer d'environ quarante kilomètres de diamètre, fermé par des côtes calcaires dont la caractéristique principale est leur verticalité absolue. Entre le cap de Monte Santu au nord et le Capo Monte Santu au sud, une succession de falaises blanches ou ocres — parfois de simples à-pics de cent à deux cents mètres plongeant directement dans la mer — est interrompue de loin en loin par des embouchures de torrents asséchés (canales) qui ont creusé dans le temps long des canyons débouchant sur la mer en petites plages de galets et de sable blanc.
Ces débouchés de canyon sont les calas — les sardes. Leur formation est le résultat de millions d'années de karstification : l'eau de pluie, légèrement acide, a creusé dans le calcaire des failles et des galeries qui, progressivement élargies, sont devenues des gorges, puis des canyons, puis — quand le canyon atteint la mer — des petites baies fermées par des falaises de cent mètres de chaque côté, avec une plage de quelques dizaines de mètres au fond et une eau d'une transparence absolue.
📜 Le rappel historique — La formation du golfe d'Orosei est liée à deux processus géologiques complémentaires. D'un côté, la karstification du calcaire jurassique et oligocène du Supramonte a creusé sur des millions d'années les gorges et les canyons qui débouchent à la mer sous forme de calas. De l'autre, la subsidence (affaissement lent du fond marin) du bassin tyrrhénien a progressivement approfondi le golfe et fait "reculer" la côte par rapport à l'intérieur des terres, créant ces falaises vertigineuses qui sont en réalité les anciens versants du Supramonte dont la base a été engloutie par la mer. Le golfe d'Orosei est aujourd'hui candidat à l'inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO, une reconnaissance qui soulève des débats intenses sur les restrictions d'accès qui pourraient en résulter.
2.2 — Le quai de Cala Gonone à l'aube : la chorégraphie des départs
Le lendemain de mon arrivée, je me levai avant l'aube pour être au quai à sept heures — l'heure à laquelle commence la chorégraphie des départs vers les calas. Et c'est une chorégraphie, avec ses ritualités et ses hiérarchies tacites.
Les pêcheurs partaient les premiers, dès cinq heures, leurs vedettes à moteur chargées de nasses et de lignes de fond. Puis venaient les plongeurs — reconnaissables à leurs bouteilles et à leurs combinaisons humides déjà enfilées, qui s'embarquaient sur les zodiacs des clubs en discutant de profondeurs et de sites avec le sérieux de ceux qui ont réservé leur plongée depuis des semaines. Puis les kayakistes qui chargeaient leurs embarcations gonflables ou rigides sur les remorques des opérateurs. Et enfin, à partir de huit heures, les touristes de passage — familles avec enfants, couples, groupes d'amis — qui prenaient les grandes vedettes collectives à destination des calas et de la grotte du Bue Marino.
Devant moi, un tableau que je regardai longuement : une douzaine de bateaux de tailles diverses quittant le port en file, leur sillage se croisant et se défaisant dans la lumière du matin, chacun portant avec lui ses propres espoirs de cette journée. Un groupe de Milanais en lunettes de soleil qui riaient trop fort. Une famille allemande qui distribuait de la crème solaire avec une méticulosité teutonne. Deux grimpeurs catalans aux mains calleuses, silencieux, qui regardaient les falaises. Un vieux pêcheur qui rentrait alors que tous les autres partaient.
Le port avait le mouvement tranquille et efficace de ce qui fonctionne depuis longtemps.
2.3 — Comment choisir : les bateaux et les formules
Avant d'embarquer, un mot sur les options — car elles sont nombreuses et les différences entre elles sont réelles.
Les grandes vedettes collectives (20 à 50 personnes) sont les moins chères et les plus simples : elles font la navette entre Cala Gonone et les calas principales (Cala Luna, Cala Sisine, Cala Mariolu, Cala Goloritzé), déposent les passagers sur les plages et reviennent les chercher en fin d'après-midi. Le circuit standard dure cinq à six heures et inclut en général la grotte du Bue Marino. C'est la formule idéale pour une première découverte, avec des enfants, ou quand on veut surtout se baigner et bronzer.
Les petites vedettes privées ou semi-privées (4 à 12 personnes) offrent beaucoup plus de flexibilité — on s'arrête là où on veut, aussi longtemps qu'on veut, on peut longer les falaises à vitesse réduite, entrer dans des grottes inaccessibles aux grands bateaux. Le surcoût est substantiel mais l'expérience est sans comparaison.
Le kayak de mer est la formule reine pour ceux qui veulent s'immerger véritablement dans le paysage — pagayer au pied des falaises, entrer dans toutes les grottes marines accessibles, s'arrêter dans des petites anses sans nom que les bateaux à moteur ne voient jamais. Des sorties guidées en kayak de 1 à 5 jours partent régulièrement depuis Cala Gonone vers les calas — avec bivouac sur la plage les nuits de la sortie multi-jours, une expérience que certains décrivent comme la plus belle de leur vie.
💡 Conseil pratique — Pour la grande vedette collective, réservez à l'avance en juillet-août (les billets partent la veille ou le matin même de manière régulière le reste de l'année). Pour le kayak guidé multi-jours, réservez plusieurs semaines à l'avance — les places sont très limitées et la demande dépasse souvent l'offre. Les meilleures agences de Cala Gonone pour le kayak : Argonauta Diving (référence historique), Nuovo Consorzio Trasporti Marittimi (vedettes collectives), et plusieurs petits opérateurs indépendants dont les noms circulent de bouche à oreille au port.
Partie III — Les calas : portrait d'un littoral sans pareil
3.1 — Cala Luna : la lune dans la roche
Cala Luna — littéralement "Cala de la Lune", en référence à la forme en croissant de la plage — est la plus proche et la plus fréquentée des calas du golfe. Elle s'ouvre entre deux falaises calcaires verticales d'une centaine de mètres, au débouché d'une gorge que le torrent de Flumineddu a creusée depuis le Supramonte jusqu'à la mer.
La plage est un demi-cercle de galets et de sable grossier couleur crème, bordé d'une végétation dense de tamaris et d'euphorbes qui forme une frange verte entre la pierre blanche et la plage. À marée basse — ou plutôt aux heures de basse fréquentation, car la Méditerranée n'a pas de marées significatives —, l'eau est d'un turquoise d'une transparence irréelle : on voit le fond de galets à dix mètres comme si l'eau était de l'air.
Ce qui distingue Cala Luna des autres calas, c'est sa grotte ouverte sur la plage même — une grande cavité dans la falaise de droite dont l'entrée en arc de cercle est visible depuis la mer, et dans laquelle on peut entrer à pied en longeant la paroi. L'intérieur est frais et sonore, les voûtes couverts de stalactites miniatures et de concrétions rouges et orangées. Certains campeurs — l'accès nocturne est en principe interdit mais les règles sont appliquées de façon variable — y ont dormi, abrités de la nuit par la roche.
📜 Le rappel historique — Cala Luna est accessible non seulement par la mer mais aussi par un sentier pédestre depuis le canyon du Flumineddu — une randonnée de trois à quatre heures depuis le village de Baunei, sur les hauteurs du Supramonte. Ce sentier longe les gorges du Flumineddu sur plusieurs kilomètres avant de déboucher sur la plage. Il est l'un des grands classiques du trekking sarde, emprunté depuis des siècles par les bergers qui menaient leurs troupeaux entre les pâturages d'altitude et les zones côtières. Les traces de cette fréquentation pastorale ancienne sont visibles dans les muretti (murs de pierres sèches) qui bordent certains passages du sentier — construits non pour délimiter des propriétés mais pour retenir les éboulis et sécuriser le chemin.
3.2 — Cala Goloritzé : la plus belle plage du monde, ou presque
Cala Goloritzé est le nom qui revient dans toutes les conversations quand on parle du golfe d'Orosei — et pour des raisons qui, pour une fois, justifient pleinement le superlatif. En 1993, le Touring Club Italiano la désigna parmi les plus belles plages d'Italie. Des magazines de voyage du monde entier l'ont classée parmi les plus belles plages de Méditerranée, voire du monde. Ces distinctions, qui auraient pu la transformer en parc d'attraction, n'ont — jusqu'à présent — pas tout à fait réussi à la gâter.
Son élément distinctif est une aiguille calcaire de haute montagne qui s'élève depuis la mer à l'angle de la plage — un obélisque naturel d'une soixantaine de mètres de haut, connu sous le nom d'Aguglia (l'"Aiguille"), qui est l'un des sites d'escalade les plus réputés de toute l'Europe méditerranéenne. Les grimpeurs du monde entier font le voyage jusqu'à Cala Goloritzé pour grimper les voies ouvertes sur ce pilier de calcaire au-dessus de la mer. Depuis le bateau, voir des silhouettes de grimpeurs minuscules évoluer sur la paroi de l'Aguglia avec la mer turquoise trente mètres en dessous est l'une de ces visions qui restent longtemps.
La plage elle-même est petite — une quarantaine de mètres seulement — de galets blancs et de sable grossier. L'eau, dans le demi-cercle formé par les falaises, prend une couleur difficile à décrire : un turquoise translucide qui tire vers le vert dans les zones de posidonie, vers le bleu dans les zones profondes, avec des dégradés qui changent à chaque heure selon la position du soleil.
💡 Conseil pratique — L'accès à Cala Goloritzé est régulé depuis 2020 : le nombre de visiteurs quotidiens est limité (environ 500 par jour), et l'entrée depuis la mer est soumise à une réservation payante depuis la billetterie gérée par la commune de Baunei. Cette régulation, initialement contestée par les opérateurs touristiques, a eu des effets positifs mesurables sur la qualité de l'eau et sur la végétation côtière. Réservez votre accès en ligne sur le site de la commune de Baunei, au moins une semaine à l'avance en juillet-août. Par mer depuis Cala Gonone, comptez 30 à 45 minutes de bateau.
3.3 — Cala Mariolu et Cala Biriola : les jumelles oubliées
Plus au sud, après le cap de Fico, deux calas moins connues et moins visitées valent à mon sens autant que leurs voisines plus célèbres — peut-être davantage, précisément parce que moins de gens les connaissent.
Cala Mariolu (du sarde mariola, "petite abeille") est une double plage séparée par un aplat rocheux en eau peu profonde — deux criques en une, dont les eaux peu profondes permettent de passer de l'une à l'autre à pied en ayant de l'eau jusqu'aux genoux. Les galets y sont d'un blanc de craie, les plus blancs de tout le golfe — du calcaire pur que les vagues ont poli jusqu'à l'os. Contrastés avec le vert et le bleu de l'eau, ils créent une palette chromatique d'une violence douce.
Cala Biriola est encore plus secrète — accessible seulement par sentier pédestre depuis les hauteurs (une heure de descente raide depuis le plateau de Baunei) ou par mer depuis Cala Gonone. Elle est plus petite, plus encaissée, plus sauvage. En dehors de juillet-août, il n'est pas rare de la trouver vide.
📜 Le rappel historique — Les noms des calas du golfe d'Orosei sont pour la plupart d'origine sarde archaïque ou d'étymologie incertaine, reflétant des siècles d'usage par les pêcheurs et les bergers locaux. Cala lui-même vient de l'arabe qal'a ("forteresse", "abri"), passé en sarde et en catalan-aragonais au Moyen Âge pour désigner une baie abritée. Gonone, le nom du port, pourrait venir du sarde gonone ou gononi, terme dont le sens exact est perdu mais qui apparaît dans plusieurs micro-toponymes de l'Ogliastra. Cette étymologie lacunaire est caractéristique de la toponymie sarde : une langue pré-romane absorbée, diluée, partiellement perdue, mais dont les traces persistent dans les noms de lieux comme des fossiles dans la pierre.
3.4 — Cala Sisine : la plus grande cala, la moins connue
Cala Sisine est la cala la plus grande du golfe — une plage de sable et de galets qui fait une centaine de mètres de long, au débouché du canyon de la rivière Sisine. C'est la seule cala du golfe d'Orosei qui soit accessible par la terre en moins de deux heures depuis un village habité — un sentier part depuis Baunei et descend pendant environ deux heures dans les gorges avant d'atteindre la mer.
Sa taille et son accessibilité relative lui ont longtemps valu une fréquentation supérieure à celle des autres calas. Mais son ampleur même lui permet d'absorber les visiteurs sans se sentir envahie — et ses eaux, au fond du canyon, gardent cette transparence absolue qui est la signature du golfe tout entier.
Ce que j'aime particulièrement à Cala Sisine, c'est la végétation : les falaises qui la dominent sont couvertes d'une dense et odorante — ciste cotonneux, thym de Sardaigne, hélichryse (semprevivo), asphodel — dont les parfums descendent jusqu'à la plage et se mêlent à l'iode marin pour créer une atmosphère olfactive qui est, à elle seule, une raison suffisante de venir.
Partie IV — La Grotta del Bue Marino : sous les pieds de la mer
4.1 — Le retour dans la grotte du moine de mer
J'avais mentionné la Grotta del Bue Marino dans le récit consacré à Galtellì, mais elle mérite ici un développement plus long — car elle est le monument naturel le plus célèbre du golfe d'Orosei, et parce qu'on y entre depuis la mer, ce qui change entièrement l'expérience par rapport à une grotte terrestre ordinaire.
La grotte s'ouvre au pied d'une falaise, à quelques kilomètres au nord de Cala Gonone — une entrée presque discrète dans la roche, juste au-dessus du niveau de la mer, que les bateaux approchent lentement et que les passagers regardent avec une curiosité mêlée d'appréhension. Le porche d'entrée est haut d'une dizaine de mètres et large d'une quinzaine — assez pour accueillir les embarcations standard, pas les grands ferries.
À l'intérieur, les lumières d'éclairage s'allument progressivement sur les parois, révélant une succession de salles dont les concrétions atteignent des dimensions et des formes que la langue ordinaire est à peine capable de décrire. Des colonnes de deux mètres de diamètre, formées par la jonction de stalactites et de stalagmites après des centaines de milliers d'années de croissance. Des draperies translucides suspendues aux voûtes comme des rideaux de calcite. Des excentriques — ces concrétions qui défient la gravité — pointant dans toutes les directions depuis les parois.
📜 Le rappel historique — La Grotta del Bue Marino — "la Grotte du Bœuf Marin" — tire son nom du phoque moine de Méditerranée (Monachus monachus) qui utilisait autrefois cette grotte et d'autres cavités marines du golfe comme lieu de repos, de mise bas et de nurserie. En sarde, le phoque moine est appelé bue marino (le "bœuf de mer") pour ses mugissements, ou vitello marino (le "veau de mer") pour la taille des petits. La grotte fut un refuge régulier de l'espèce jusqu'au début du XXe siècle. La dernière observation documentée d'un phoque dans la grotte de Cala Gonone remonte aux années 1970. Depuis, l'espèce a disparu de ce secteur — victime des dérangements humains liés au développement touristique et de la compétition avec les filets de pêche. Des observations sporadiques sont encore signalées sur les côtes les plus sauvages du golfe.
4.2 — Les peintures préhistoriques : l'art dans les entrailles
Ce que beaucoup de visiteurs ignorent avant d'entrer dans la Grotta del Bue Marino, c'est qu'elle contient des peintures rupestres préhistoriques — des représentations schématiques datées du Néolithique (entre 6 000 et 3 000 ans av. J.-C.) et de l'âge du Bronze (entre 3 000 et 1 000 ans av. J.-C.), dessinées à l'ocre rouge et au noir sur les parois de certaines salles profondes, inaccessibles au public ordinaire.
Ces peintures — des représentations de cerfs, de silhouettes humaines, de mains en négatif, de signes géométriques — constituent l'un des ensembles d'art rupestre les plus importants de la Sardaigne. Leur présence dans une grotte marine, à des dizaines de mètres de l'entrée, pose des questions fascinantes sur les pratiques rituelles des populations préhistoriques sardes : s'enfoncer dans l'obscurité d'une grotte pour y laisser des traces, dans un lieu habité par des créatures marines mystérieuses, relevait certainement d'une dimension sacrée que nous pouvons imaginer sans jamais vraiment l'atteindre.
💡 Conseil pratique — La visite des parties de la grotte contenant les peintures préhistoriques est réservée à des groupes restreints dans le cadre de visites spécialisées organisées par le Consorzio del Golfo di Orosei — non incluses dans la visite standard. Renseignez-vous à la billetterie de Cala Gonone. Ces visites sont limitées à 10 personnes et nécessitent une réservation plusieurs jours à l'avance.
Partie V — Cala Gonone depuis la terre : vivre le village
5.1 — La plage de Cala Gonone : le port de retour
Après une journée en mer, on rentre à Cala Gonone avec la fatigue heureuse de ceux qui ont nagé trop longtemps et mangé trop peu — les yeux encore pleins de blanc calcaire et de bleu turquoise, la peau légèrement brûlée malgré la crème, les doigts de pied sableux.
La plage de Cala Gonone elle-même — celle qui est au pied du village, accessible à pied depuis le port — est une plage de ville : raisonnable, confortable, aménagée avec des douches et des cabines. Elle n'a pas la sauvagerie des calas du golfe. Mais elle a quelque chose qu'elles n'ont pas : elle est à portée de main le soir, quand les grandes vedettes ont ramené tout le monde et que les calas sont désertes à nouveau. Vers dix-neuf heures, quand le soleil touche les crêtes du Supramonte et que la lumière vire à l'or, cette petite plage est l'une des plus agréables de Sardaigne — pas pour sa beauté intrinsèque, mais pour ce qu'elle signifie après une journée dans le golfe : la fin du voyage, le retour, la douche froide et le verre de Cannonau qui suit.
5.2 — Dorgali : la ville du vin et de l'artisanat au-dessus du port
À douze kilomètres de Cala Gonone, perchée à 400 mètres d'altitude dans l'une des meilleures positions viticoles de l'île, Dorgali est la ville dont Cala Gonone est le port. Un bourg de 8 000 habitants environ, actif et vivant toute l'année — contrairement au village côtier qui se vide complètement en hiver.
Dorgali produit l'un des meilleurs Cannonau di Sardegna de l'île — le Nepente di Oliena (en réalité produit sur le territoire entre Dorgali et Oliena) est une appellation micro-régionale qui attache le Cannonau à un terroir de granite et de calcaire spécifique, avec des notes de fruits rouges frais et une structure tannique d'une élégance rare. La cave coopérative Cantina Sociale di Dorgali est ouverte aux visiteurs et propose des dégustations.
L'artisanat de Dorgali est également remarquable : céramiques aux motifs géométriques inspirés de l'art nuragique, bijoux en argent filigrane dont les formes rappellent les bronzetti de l'âge du Bronze, couteaux (resolza) à manche de corne ou d'olivier dont la lame en acier fin fait la fierté des artisans locaux. Ces couteaux sardes — chaque région a sa forme propre — ne sont pas des souvenirs de bazar. Ce sont des objets de qualité réelle, conçus pour durer et pour couper, que les bergers et les vignerons de l'Ogliastra utilisent encore quotidiennement.
📜 Le rappel historique — Le couteau sarde (coltello sardo, ou resolza en dialecte nuorese) est un objet culturel d'une importance symbolique considérable en Sardaigne. Chaque village ou micro-région possède sa forme propre — la lame peut être droite ou incurvée, le manche en corne de mulon, en os, en olivier ou en genévrier. Le couteau était traditionnellement fabriqué par des artisans-forgerons spécialisés (forgiados) qui transmettaient leur savoir de père en fils. Aujourd'hui, quelques ateliers à Pattada (nord-Sardaigne), Arbus (sud-ouest) et Dorgali maintiennent cette tradition artisanale en fabriquant des couteaux entièrement à la main. Un bon couteau de Dorgali coûte entre 80 et 300 €.
5.3 — La table de Cala Gonone : les produits de la mer sur fond de Cannonau
La cuisine de Cala Gonone est celle d'un port de pêche actif, avec toute la franchise que cela implique. Pas de grande gastronomie, pas de chefs étoilés — mais une régularité dans la qualité des produits que seule la proximité immédiate avec la source peut garantir.
Le poisson du jour — posé tel quel sur la glace dans les étals du port en début de matinée — est la clé de voûte de tout repas digne. La mostella (grenadier méditerranéen) grillée entière avec de l'huile et du thym. La dentice (denté commun) au four avec les pommes de terre. La spigola (bar) en sel. Les scampi à la plancha avec de l'ail et du persil. Et surtout — les ricci di mare (oursins de mer), cueillis le matin même sur les rochers du cap, servis crus sur du pain carasau avec une goutte de citron et un fond de Vermentino frais.
Les ricci di mare de Cala Gonone sont parmi les meilleurs de Sardaigne — chair orange, iodée, légèrement sucrée, avec cette saveur de mer profonde qui n'appartient qu'aux eaux très claires sur fond de posidonie. Certains visiteurs les découvrent pour la première fois ici et ne comprennent plus comment ils ont pu vivre sans.
💡 Conseil pratique — La meilleure trattoria de poisson de Cala Gonone est souvent tenue par des familles de pêcheurs qui n'ont pas toujours de site internet ni de présence sur les applications de réservation. Demandez conseil à votre hôtel ou B&B — les locaux ont toujours une adresse que les guides touristiques ne mentionnent pas. Évitez les restaurants qui exposent leurs menus en cinq langues sur des présentoirs lumineux depuis la rue : c'est rarement là que se trouve le meilleur poisson.
Partie VI — Autour de Cala Gonone : les options d'exploration
6.1 — La randonnée dans le Supramonte : marcher au bord du vide
Depuis Cala Gonone ou depuis Dorgali, plusieurs grands itinéraires de randonnée pénètrent dans le Supramonte et permettent d'atteindre des points de vue sur le golfe d'Orosei accessibles seulement à pied.
Le plus spectaculaire est sans doute la traversée jusqu'au Tiscali — un village nuragique caché dans une grotte effondrée au cœur du Supramonte, à une altitude de 520 mètres, qui fut probablement habité jusqu'à l'époque romaine par des populations réfractaires à toute autorité extérieure. Y accéder demande environ trois heures de marche depuis la vallée de Lanaittu, à travers des gorges calcaires et des forêts de chênes verts. Et la découverte, au bout du chemin, d'un village entier dissimulé dans une salle géologique de plusieurs centaines de mètres de diamètre, est l'une des expériences de randonnée les plus extraordinaires de toute l'Italie.
📜 Le rappel historique — Le village nuragique de Tiscali est un cas unique dans l'archéologie sarde : un établissement de l'âge du Bronze ou du Fer établi à l'intérieur d'une dolina effondrée (un gouffre karstique dont la voûte s'est effondrée, laissant une salle à ciel ouvert) du Supramonte. Sa position dans l'entraille de la montagne, invisible depuis l'extérieur et accessible seulement par des passages étroits, suggère qu'il servit de refuge à des populations fuyant les conquêtes successives — romaine, puis peut-être punique, peut-être encore aragonaise. Les archéologues ont mis au jour des cabanes circulaires dont les murs subsistent à un ou deux mètres de hauteur, des céramiques, des outils et quelques bijoux en bronze.
6.2 — La plongée sous-marine : l'Ogliastra depuis le fond
Les fonds marins du golfe d'Orosei sont parmi les plus riches et les mieux conservés de la Méditerranée — une conséquence directe de l'inaccessibilité de la côte et de la lenteur du développement touristique dans la région.
Les sites de plongée autour de Cala Gonone offrent toutes les profondeurs et tous les environnements : des herbiers de posidonie en eau peu profonde pour les débutants, des parois verticales qui plongent jusqu'à trente ou quarante mètres pour les confirmés, des grottes semi-immergées accessibles en plongée apnée ou en scaphandre, des épaves de petits navires coulés dans le golfe au XXe siècle.
La faune est ce qui justifie le voyage pour les plongeurs sérieux : outre les espèces communes de la Méditerranée (mérous, poulpes, murènes, sars, dentis), le golfe abrite des langoustes (aragosta sarda) dans ses anfractuosités rocheuses, des coraux rouges à partir de vingt mètres de profondeur, des nacres (Pinna nobilis — l'un des plus grands bivalves du monde, protégé et malheureusement décimé par une épidémie parasitaire depuis 2016) et, pour les très chanceux, des dauphins qui traversent le golfe en groupes depuis la pleine mer.
💡 Conseil pratique — Le club Argonauta Diving de Cala Gonone est l'opérateur historique et le plus complet du golfe. Il propose des sorties pour tous les niveaux, de l'initiation complète aux formations PADI avancées. Un baptême de plongée dans le golfe d'Orosei coûte environ 60 à 80 €, guide et équipement inclus. Les meilleures plongées se font entre mai et octobre, avec une visibilité maximale en septembre-octobre quand les eaux ont atteint leur pleine chaleur et leur transparence maximale.
Partie VII — Informations pratiques & conseils de visite
7.1 — Quand venir : la fenêtre de l'or
| Période | Mer et météo | Accès aux calas | Fréquentation |
|---|---|---|---|
| Avril – mai | Fraîche (18-20°C), calme | Excellente, tous sites accessibles | Très faible — quasi-solitude |
| Juin | Idéale (22-24°C) | Parfaite | Modérée — la meilleure période |
| Juillet | Chaude (25-27°C) | Très bonne mais bateaux bondés | Forte — réservez tout à l'avance |
| Août | Très chaude (27-29°C) | Réglementée sur Goloritzé | Maximale — bruyant, cher |
| Septembre ⭐⭐ | Chaude et limpide (25-27°C) | Excellente, moins de monde | Idéale — le meilleur mois |
| Octobre | Agréable (21-23°C) | Bonne selon la météo | Faible — sublime et silencieux |
| Novembre – mars | Agitée et froide | Limitée selon les jours | Quasi-nulle |
💡 Mon conseil absolu — Septembre. Sans hésitation. La mer est à sa température maximale (parfois 28°C), la visibilité sous-marine est maximale, les calas ont retrouvé leur calme, les hôtels baissent leurs prix de 30 à 40%, les restaurants retrouvent leur rythme et leur cuisine. Et la lumière — cette lumière de fin d'été sur le calcaire blanc du golfe d'Orosei — est d'une beauté qui surpasse même celle du plein été.
7.2 — Comment s'y rendre
- En voiture : depuis Nuoro (30 km), SS125 vers Dorgali puis la route de montagne vers Cala Gonone (12 km). Depuis Cagliari : environ 3h par la SS131 et la SS125. La voiture est indispensable pour explorer la région.
- En bus : liaisons ARST depuis Nuoro vers Dorgali avec correspondance pour Cala Gonone en saison. Peu pratique sans voiture pour explorer.
- Parking : limité à Cala Gonone en été. Un grand parking est disponible à l'entrée du village — une navette gratuite dessert le port et le centre en juillet-août.
7.3 — Où dormir
- Cala Gonone : une quarantaine d'hébergements allant du B&B familial au resort balnéaire. En été, réservez 2 à 3 mois à l'avance pour les adresses de qualité.
- Dorgali : moins cher, plus authentique, plus calme. Une bonne base si vous voulez combiner mer et montagne.
- Bivouac sur les calas : officiellement interdit mais pratiqué (avec discrétion) sur certaines calas accessibles à pied. La règle d'or : laisser l'endroit exactement comme on l'a trouvé.
Épilogue — Le retour au port, la mémoire dans les yeux
Je rentrai à Cala Gonone le soir, à bord d'une grande vedette collective chargée de corps bronzés et de masques de plongée dégoulinants. Le soleil était bas sur les crêtes du Supramonte, les falaises du golfe passaient de l'ocre à l'orange à mesure que la lumière déclinait, et la mer prenait cette couleur de verre teinté qui caractérise les fins de journée méditerranéennes — ni bleue ni verte ni grise, mais les trois à la fois, dans une nuance impossible à nommer et à photographier fidèlement.
Autour de moi, des gens silencieux. Des couples qui tenaient leurs appareils photo sans les regarder. Des enfants endormis sur les épaules de leurs pères. La dame allemande aux aquarelles — que j'avais croisée sur un autre bateau le matin — feuilletait son carnet avec l'air de quelqu'un qui vérifie si ce qu'elle a dessiné est à la hauteur de ce qu'elle a vu. Ce n'était pas le cas — ça ne l'est jamais — mais les dessins étaient beaux quand même.
Il y a des endroits qui ne se laissent pas emporter. On peut rapporter des photos, des bouteilles de Cannonau, des cartes postales, des galets ramassés sur la plage de Cala Mariolu dans une poche de veste et oubliés là. Mais ce qui reste vraiment du golfe d'Orosei, c'est quelque chose de plus difficile à identifier — une certaine façon de regarder les falaises calcaires depuis l'eau, une certaine qualité de bleu qui n'existe nulle part ailleurs, une certaine sensation d'avoir été, le temps d'une journée, dans un endroit que la mer garde encore pour elle-même.
Cala Gonone est le port d'où partent les bateaux.
Le golfe d'Orosei est ce qu'on emporte quand on revient.
Récit rédigé après plusieurs jours de navigation et de randonnée dans le golfe d'Orosei, commune de Dorgali, province de Nuoro, Sardaigne.
Sources de référence : Consortium du Golfe di Orosei, documentation officielle ; Argonauta Diving, Cala Gonone ; Mauro Ballero, « Il Golfo di Orosei : natura, storia, itinerari », Edizioni Archivio Fotografico Sardo, 2001 ; Ministero dell'Ambiente, candidature du Golfo di Orosei au Patrimoine Mondial UNESCO.


